

Je dois dire qu'on a de la chance avec la politique. Chaque fois que l´on passe dans un pays, il s´y déroule des parties de démocratie participative passionnantes ! Je vous avais parlé de la crise du campo en Argentine (les ruralistas ont finalement gagné a l´issue d´un vote épique - si ça vous interresse, je vous recommande http://www.petitherge.com en français et indépendant avec belles photos-) Aujourd´hui, 8 aout,toujours en Bolivie, nous sommes a deux jours du vote pour le referendum revocatoire qu´a lancé Evo Morales.

Les boliviens sont appellés a se prononcer sur de la continuation ou non de son mandat presidentiel et sur celui de leur alcade regional. (notez que Evo n´a accompli que deux ans et demi sur ses 4 ans prévus au départ).


Le programme de ce bon Evo, qui est le premier président indigene et qui avait été porté au pouvoir avec 53% des voix (du jamais-vu) est tres a gauche: nationalisation des ressources, des entreprises petrolieres et du gaz, son nom partout sur tous les chantiers du pays, ..... Il est aussi tres maladroit et dit tout haut ce qu´il devrait penser tout bas (genre: "la politique est au dessus de la justice et mes avocats trouveront toujours le moyen de bidouiller la loi lorsque je passe dessus ") La nationalisation de ces entreprises de matieres premieres aux énormes potentiels fait aussi que celles-ci manquent d´investissements suffisants pour bien se développer.





Mais, je serais Bolivien, je n´hésiterais pas a le reconduire pour deux ans de plus. Pourquoi ? Parceque -selon mon humble avis de gringo qui traverse le pays - tout d´abord il n´y a pas d´autres alternatives; les mecs a droite me paraissent etre de vieux faucons rodant autour des profits personnels qu´ils pourraient se mettre dans la poche.


Ensuite, il ne se trompe pas d´objectifs: l´éducation et la santé d´abord. Et croyez-moi ils en ont besoin ! Les systemes mis en place sont valables pour tous et peut-etre meme pour les pauvres en premiers.... Je crois que ça change des situations précédentes. J´ai aussi apprécié qu´il mettent les militaires a contribution de ces objectifs sociaux pas comme l´autre taré de Hugo Chavez qui vient encore de s´offrir 24 avions de chasse russes.....



Cependant, la situation n´est pas si claire ici, les mineurs manifestent pour leurs pensions a coups de dynamite dans la ville, quatre régions refusent de le voir débarquer sur leur territoire et son référendum (qui vise bien-sur a affaiblir ces régions autonomistes) n´est meme pas légal ! Ceci-dit il s’en fout et continue de l´avant.... il ne fait pas d´omelettes sans casser des oeufs, quoi !



On verra donc dimanche 10 aout ce que cela donne. En attendant, on s´est rapproché de la frontiere péruvienne car si jamais le NON passe je redoute quelques sérieux troubles dans le pays. Avec leurs 3 neurones et leurs militaires de 16 ans, je préfere pouvoir choisir de subir ou non ces réactions. Ici la population lynche les voleurs qu´elle chope !


D´un point-de-vue plus personnel a la veille de quitter ce pays, notre opinion est plutot mitigée. Certes les paysages sont grandioses, mais pour en profiter, il faudrait pouvoir les atteindre dans de bonnes conditions. Les routes sont en terre, les bus sont bondés et découvrir des merveilles se fait avec une jeep privée et un guide, a part les grandes villes, y´ pas de distributeurs, dans les banques, ils ne changent pas les euros ou les dollars et n´ont jamais vu un traveller-cheque. Dans ces conditions, difficile, avec un sac-a-dos de préparer des excursions.

Enfin, restons positifs: on trouve de la biere et des frites partout pour accompagner son poulet-riz.

Je sais, ça fait un peu gringo comme attitude mais comme ils sont timides ces boliviens, y´a pas grand-chose pour briser ce contexte un peu morose.... en plus, entre-nous, on a pas rencontré que des génies....
Notre parcours fut donc principalement un chapelet de villes.

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